Se lancer dans une entreprise de décoration d’intérieur ?

Se lancer dans une entreprise de décoration d’intérieur ?

Maintenant, et depuis que le «home staging» est véhiculé par de nombreuses pubs et émissions télé, le travail des professionnels de la décoration d’intérieur a énormément évolué et se situe bien au-delà du renouvellement du design des espaces à l’intérieur d’une maison.

Accéder au métier de décorateur d’intérieur («home staggeur»)

Il existe plusieurs formations pour devenir professionnel de la décoration d’intérieur, chacune étant sanctionnée d’un diplôme : architecte d’intérieur, décorateur diplômé du Centre Européen de Formation, BTS de design d’espace (2 ans après le bac), diplôme de l’ENSAD, Diplôme National d’Arts et Techniques Design Espace, Diplôme des Métiers d’Art, etc.

Une fois un diplôme en poche, il faut acquérir de l’expérience et appuyer sa réputation. Le site internet du décorateur spécialiste en design d’espace doit être attractif tout en étant très précis. Les images des divers projets réalisés montrent le sens de l’esthétique et l’expérience du professionnel. Les clients potentiels doivent entrer rapidement et simplement en contact avec le décorateur, pour établir un dialogue à distance et travailler sur leur projet d’aménagement : devis, choix des matériaux, simulation du rendu final, etc.

Le sens de l’écoute et de la négociation commerciale complètent les compétences artistiques et le sens de l’esthétisme des décorateurs d’intérieur pour un faire de véritables professionnels reconnus.

L’activité de «coach» en décoration d’intérieur

Le professionnel de la décoration d’intérieur réalise donc les projets de ses clients, et que ce soit dans l’aménagement intégral de l’intérieur d’une maison, dans le mariage du neuf et de l’ancien ou dans la rénovation du buffet de grand-mamie, chaque projet intègre ponctuellement le professionnel dans la vie de son client.

Le professionnel en déco d’intérieur, qu’il soit diplômé en architecture, qu’il ait suivi une formation dans une école d’arts, fait des études dans une école spécialisée et même, qu’il ne dispose d’aucune formation ni d’aucun diplôme, doit avoir un statut juridique officiel pour proposer ses conseils et services en tant que décorateur d’intérieur : auto-entrepreneur, EURL, SASU, ou tout autre statut d’entreprise.

Entreprise de décoration d’intérieur, faut-il choisir un statut plus qu’un autre ?

En France, il n’y a aucun statut plus adapté qu’un autre pour concrétiser le projet de création d’entreprise et exercer l’activité de décorateur d’intérieur. Le statut adéquat dépend des ambitions et éventuellement du métier du professionnel en phase de création d’entreprise. Le diplômé en architecture d’intérieur peut exercer son activité professionnelle en libéral, sous la forme d’une Entreprise Individuelle (EI) en nom propre.

Attention, les biens personnels de l’entrepreneur sont impactés en cas de mauvaise gestion de l’entreprise.

La création d’entreprise sous la forme d’une EIRL (Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée) protégeant alors les biens personnels de l’entrepreneur et lui donnant l’opportunité de conjuguer le statut d’EIRL et le statut d’auto-entrepreneur.

Attention, cette forme juridique bloque l’arrivée de nouveaux associés.

Pour la création de son entreprise, le décorateur d’intérieur peut aussi s’orienter vers le statut d’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) qui limite la responsabilité de l’entrepreneur à hauteur de ses apports dans l’entreprise. Ce statut est plus coûteux que l’auto-entreprise et impose les démarches de création d’entreprise, comme par exemple la parution d’une annonce légale dans un journal de publicité légale de son département. L’entrepreneur est TNS (Travailleur Non Salarié), affilié à la SSI (Sécurité Sociale des Indépendants) et ne peut exercer sous le régime micro-social de l’auto-entreprise. L’imposition est calculée sur le bénéfice réel de l’entreprise, une fois que les charges ont été déduites.

La création d’entreprise qui se concrétise sous le statut de SASU (Entreprise à Action Simplifiée Unipersonnelle) permet au décorateur d’intérieur, nouvel entrepreneur, de conserver le régime de la Sécurité Sociale. Ce statut offre également à l’entrepreneur d’ouvrir le capital social afin de faire entrer de nouveaux actionnaires, la SASU devient alors une SAS et peut développer son chiffre d’affaires et son activité.

Le professionnel décorateur d’intérieur («home staggeur») peut garder le statut de libéral s’il ne s’implique auprès de ses clients que dans une activité de conseils et de formation. A partir du moment où ce même entrepreneur réalise des travaux d’aménagement, de rénovation, de peinture, etc., il doit être immatriculé à la Chambre des Métiers.

Note, dans ce dernier cas, le stage de «préparation à l’installation» n’est plus obligatoire

Attention donc, si vous faites intervenir un décorateur d’intérieur pour l’aménagement de votre logement, le relooking de la cuisine, ou la création d’une nouvelle ambiance dans le salon, assurez-vous qu’il agit en tant que professionnel détenteur d’un statut d’entreprise officiellement reconnue.

Pour information, en France, le secteur de la décoration d’intérieur réalise entre 16 et 24 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans une année et montre une croissance annuelle de 3 à 5% environ.